
DIOXYDE-ACTION: Le Dioxygraphe
Cette sculpture électromécanique est fabriquée à partir d’un charriot de golf, de composantes électroniques et d’une roue de bicyclette munie de quatre craies sèches. Un détecteur de dioxyde de carbone fixé au bout d’une tige flexible capte cette présence sournoise et alimente, à l’aide d’un microcontrôleur, un mécanisme dessinateur. S’articulant sur le pavé ou le trottoir, l’appareillage laisse en quelques dizaines de secondes une trace multicolore, rendant visible ce contaminant ambiant.
Présentées sous forme d’un manifeste sur la qualité de l’air, c’est sur une période prolongée que j’interviens en marquant une artère de rues achalandées, révélant une sorte de document éphémère de la contamination atmosphérique afin d’approfondir une expérience esthétique hors du commun ou le public devient complice du processus de création. Dans le cas de Dioxyde-Action, ce sont principalement les automobilistes qui sont pris au jeu! Cette opération s’amorce en développant une stratégie d’infiltration ; celle-ci se manifeste en empruntant les codes vestimentaires et comportementaux du travailleur urbain, tel un col bleu ou d’un scientifique-spécialiste. Pour la cause, je porte un uniforme conçu pour l’événement à l’effigie de mon projet de création A-Machines (A=antidote) tout en adoptant les normes de sécurité et d’éthique du travailleur voué aux infrastructure urbaines. Ces actes performatifs ont donc pour effet de commander des réactions de bienveillance de la part des automobilistes et du public témoin (piétons, cyclistes, policiers, etc.). Par effet de cause, cette frontière maintenant franchie avec l’aide de l’art, détermine cette réalité sournoise bien inscrite dans notre quotidien immédiat.
Matériaux : Chariot de golf, microcontrôleur, détecteur de monoxyde de carbone, moteur, pile rechargeable ; craies sèches multicolores, entonnoir, roue de bicyclette, métaux divers ; combinaison de travail, casque dur, masque respiratoire et gants.
