LE VENT
Les Anémographes :
La série des Anémographes est actionnée et soumise par les sobre-sauts des vents. J’ai créé différentes versions de cette machine afin d’expérimenter et renouveler mes modes de captations éoliens. Chacune des versions (1-2-3-4 et 5) de l’anémographe marque le passage du temps à la manière d’un métronome chaotique par sa gestuelle organique et aléatoire. Son mécanisme dessinateur principal est fabriqué sur le modèle du pendule auquel deux jonctions de pivots permettent de créer des jeux cinétiques imprévisibles. Ce bras dessinateur est muni à son extrémité d’un ressort et d’un crayon au fusain créant des effets de lignes sinueuse et d’effets de pointillismes… définissant subtilement ou avec vigueur le momentum et la vélocité de ces masses d’air dominantes.
Branché sur le paysage ‘’venteux’’ immédiat, ces machines transposent et incarnent sur papier l’énergie et la puissance de ses souffles, grandeur nature ! Il en dégage des états de faits dessinés en rappel à ces moments d’excitations entre le monde immatériel et matériel: Surprenantes et étonnantes, les traces laissées sur le papier qui se noircit au fil des secondes, des minutes et des heures témoignent métaphoriquement de la puissance de ces flux énergétiques laissés sur le paysage environnant, tels le bruissement des feuilles d’un arbre ou des flocons de neige vibrionnant dans le ciel, etc. Qu’il s’agisse d’intercepter un vent dominant venu de l’ouest ou une douce brise d’été, l’Anémographe hypersensible se déploie, comme par magie, afin de créer des artéfacts ludiques, en rappel à ces moments singuliers.
Matériaux: Système de communication à distance ou par fil, métaux divers, micro contrôleur, pile rechargeable, moteur, ressort, fusain, papier/ plans d’architecte récupérés.
L’Anémographe no.2\Le Parcours d’un souffle fait partie d’une série de trois dispositifs de captation et d’échantillonnage mobiles, incluant Le Dioxygraphe et Le Pluviophone, que vous pouvez découvrir dans la section « Les polluants atmosphériques ». Mon intention initiale consiste à imaginer des appareillages de captations mobiles, donc portable, pouvant êtres déplacés et installés facilement en plein air sur un site d’exposition. Comme la version no.1, ce capteur éolien communique par ondes radios à une machine à dessiner installée à l’intérieur du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke. Via un microcontrôleur, des algorithmes proportionnels aux intensités variables du facteur vent sont transmis en une poésie cinétique chaotique, et par effet phénoménologique, incarne le tumulte éolien tel qu’il se manifeste à travers le paysage ici et maintenant.
Dans un tel contexte de présentation et d’exposition en milieu muséal, mon propos s’intéresse au rôle du dit-musée quant à sa mission de collectionner, de conserver et de mettre en valeur des ‘’artéfacts naturels’’. Cette collaboration ludique a permis de réaliser une collection inédite consacrée au facteur vent comme spécimen improbable et ironiquement, détermine une manière de matérialiser ce phénomène climatique à travers des dessins célébrant notre patrimoine climatique et immatériel.

