Le Sola-rium

Le Sola-rium : Le Solar-graphe-grand-format 

Ayant créé l’année précédente l’écran solaire, ma plus petite machine à dessiner à ce jour…L’une de mes intentions pour 2024, était de construire ma plus grande machine à dessiner solaire. J’ai alors décidé de convertir l’étable abandonnée située au fond de mon champs sur ma propriété au cœur du village de Saint-Camille. Du coup, poursuivant ma démarche de création de sculptures à partir d’objets et de matériaux récupérés, cela allait devenir aussi mon plus gros projet de récupération…bâtiment, fenêtres, bois, etc. Mon concept consistait à faire de cette étable de 20’x20’ une archi-sculpture-cinétique, en d’autres mots, faire de son plancher, de ces murs et de son toit, des éléments intégraux à la machine en devenir. Avec sa façade déjà orientée vers le sud, le contexte de création sera idéal pour sa conversion vers : Le Sola-rium, Le Solar-graphe-grand-format. Cette machine-lieu emprunte au concept des moulins jadis activés par l’énergie naturel tels le vent, une rivière, etc. (moulin à vent ou moulin à roue à aube). 

Cette étable devenue machine est vouée à la fabrication d’artéfacts évoquant le phénomène d’ensoleillement. Un capteur solaire est installé en permanence sur son toit et alimente deux moteurs dc. Le premier, installé au plafond agit comme mouvement central à la manière d’un pendule circulaire. Une longue tige de plastique aboutée d’un crayon dessinateur y est rattachée et s’active, vacille, tourne et danse proportionnellement selon l’intensité du soleil. J’ai réalisé un montage électronique qui me permet de contrôler la machine et déterminer différentes routines cinétiques selon le taux d’ensoleillement du jour.  

Ce dispositif machinal dévoile par sa gestuelle imprévisible des dessins pouvant atteindre 8’ de diamètre. Cette première édition utilise du papier Kraft récupéré de 4’X4’ obtenu d’un moulin à papier local. Ces grands formats évoquent l’idée d’une expérience esthétique grandeur nature…sensible avec le soleil, qui se déploie à travers la conversation d’un crayon  hyper sensible à l’ensoleillement : parfois nerveux, excité et impatient ou de manière imprévue… griffonnant en peine d’énergie, quelques effleurements matérialisées en de traces subtiles ou à peines perceptibles. Ces traits au fusain se multiplies progressivement au cours de la journée…dans un mouvement cinétique circulaire et s’arrête périodiquement à la venue d’un gros nuage dense…et se réanime par magie dès la percée des premiers rayons de soleil qui envahissent peu à peu le ciel …éclairci de bleu. 

Ces différentes fluctuations d’ensoleillement captées aux fils des jours, des semaines, etc. permettent de réaliser un corpus de dessins grands formats. L’ensemble des résultats de ce laboratoire artistico-climatique est ensuite accroché sur ses murs au rythme des saisons, créant ainsi une collection inédite et conservée comme document portant le titre de : ‘‘Coups de soleil 2024’’.

Épreuve #1\13-09-2024. Fusain sur papier Kraft récupéré, 120x120cm (48×48’’). 

Croquis (20x13cm) : Le Solar-graphe-grand-format (2024)

Le Pluviophone

Le Pluviophone: Munie d’un mode d’interprétation sonore, cette sculpture interactive collectionne et sonde l’eau de pluie en vue d’y détecter la présence sournoise de pluies acides, ici et maintenant

Cette sculpture électronique sonore mobile est sensible au débit de la pluie et aux pluies acides. L’eau est captée par une série d’entonnoirs et acheminée vers de mini roues à aubes encodées électroniquement afin de produire un langage sonore équivalent au débit de la pluie. Une seconde lecture est prise par intervalles grâce à une sonde à pH. Lorsque qu’il y a détection de pluies acides, des sons stridents et un message électronique et alarmiste s’active: « Le pH est sous 5.6…PLUIE ACIDE, PLUIE ACIDE ! »

Cette machine mobile est fabriquée à partir de matériaux trouvés et récupérés tels qu’un charriot de golf, des entonnoirs, des métaux divers et des haut-parleurs. Son système intelligent comprend un microcontrôleur, une sonde et un lecteur de pH, un synthétiseur de voix et une pile rechargeable.

DIOXYDE-ACTION!

DIOXYDE-ACTION: Le Dioxygraphe 

Cette sculpture électromécanique est fabriquée à partir d’un charriot de golf, de composantes électroniques et d’une roue de bicyclette munie de quatre craies sèches. Un détecteur de dioxyde de carbone fixé au bout d’une tige flexible capte cette présence sournoise et alimente, à l’aide d’un microcontrôleur, un mécanisme dessinateur. S’articulant sur le pavé ou le trottoir, l’appareillage laisse en quelques dizaines de secondes une trace multicolore, rendant visible ce contaminant ambiant. 

Présentées sous forme d’un manifeste sur la qualité de l’air, c’est sur une période prolongée que j’interviens en marquant une artère de rues achalandées, révélant une sorte de document éphémère de la contamination atmosphérique afin d’approfondir une expérience esthétique hors du commun ou le public devient complice du processus de création. Dans le cas de Dioxyde-Action, ce sont principalement les automobilistes qui sont pris au jeu! Cette opération s’amorce en développant une stratégie d’infiltration ; celle-ci se manifeste en empruntant les codes vestimentaires et comportementaux du travailleur urbain, tel un col bleu ou d’un scientifique-spécialiste. Pour la cause, je porte un uniforme conçu pour l’événement à l’effigie de mon projet de création A-Machines (A=antidote) tout en adoptant les normes de sécurité et d’éthique du travailleur voué aux infrastructure urbaines. Ces actes performatifs ont donc pour effet de commander des réactions de bienveillance de la part des automobilistes et du public témoin (piétons, cyclistes, policiers, etc.). Par effet de cause,  cette frontière maintenant franchie avec l’aide de l’art, détermine cette réalité sournoise bien inscrite dans notre quotidien immédiat.

Matériaux : Chariot de golf, microcontrôleur, détecteur de monoxyde de carbone, moteur, pile rechargeable ; craies sèches multicolores, entonnoir, roue de bicyclette, métaux divers ; combinaison de travail, casque dur, masque respiratoire et gants.

L’écran solaire

Le défi de création initial de cette petite machine était de la construire à partir d’un bracelet-montre de plastique trouvé sur le trottoir. Un contenant de plastique pour pilules abrite son mécanisme, construit d’un minuscule moteur et d’un ressort souple auquel est rattaché une mine de graphite. De petits disques de 2,5cm découpés dans du plastique servent de support à dessins. Ceux-ci sont poncés afin de créer une surface poreuse permettant de retenir les traces de crayon. Le masque sensible à l’ensoleillement comprend des cellules solaires de 0.5V assemblées en série afin de générer l’énergie nécessaire à l’activation du mécanisme de la machine.  Nerveuse, sensible, par les déplacements de ma tête…je peux contrôler l’intensité de l’ensoleillement qui alimente ce fin marqueur créant ainsi de mini-dessins. Les détails de ceux-ci sont peu perceptibles à l’œil nu et demande une loupe afin de découvrir toutes les subtilités de ces témoignages solaires. Ces œuvres miniatures (format de poche) sont réalisées en série sur une période d’une semaine afin d’achever des représentations matérielles du phénomène d’ensoleillement.

L’écran solaire (2023)

Machine à dessiner miniature reliée à un masque captant l’intensité de l’ensoleillement. 

Matériaux : plastique, cellules solaires, fils, moteur, vibreur, ressort, del et graphite. 

Masque: 26x20x6 cm ; machine à dessiner miniature: 3,5×3,5cm.

Dispositif de présentation des dessins miniatures :

Présentoir avec lentille de grossissement mobile: contreplaqué, Foamcore et série de sept dessins sur plastique récupéré. Présentoir : 14x40x14cm; Dessins : 2,5cm de diamètre. (2024)

Le Solar-graphe #1

Les Solargraphes : L’intention de design initiale pour les captations solaires est de convertir l’intensité émise par les rayons du soleil en de minuscules traits et de points… Un simulacre des particules d’énergies volatiles dans l’espace, captées en plein vol et relayées sur papier.

Le Solargraphe-1 (2023)

Fabriquée de matériaux récupérés, cette machine à dessiner low tech est alimentée par des cellules solaires totalisant 5V. Son mécanisme dessinateur utilise un seul moteur qui  est relié à un contrôleur de vitesse. Celui-ci permet de définir sa sensibilité et par extension, certains jeux cinétiques. Muni d’un long ressort et d’un crayon au graphite, ce marqueur subit l’énergie qui lui est déployé à travers un mouvement circulaire proportionnel à l’ensoleillement. L’effet graphique circulaire et minimaliste réfère directement à la symbolique du soleil afin de concentrer notre lecture sur la qualité des traits et l’énergie concentrique qu’ils évoquent.

Matériaux et objets trouvés: bras de lampe articulé, barreaux de bois tournés antiques, particules de bois, plastique, panneau solaire, moteur, ressort, fusain, papier/plans d’architecte récupérés; Communication reliée par fil.

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