COLLECTIONNER LE PAYSAGE IMMATÉRIEL

Le Parcours d’un souffle: #4\10-10-2024. Fusain sur papier récupéré, 91,5x106cm (21×40’’)

Glaner des spécimens climatiques pour valoriser la nature : Ces actions posées et documentées en série permettent de créer un rituel engagé, un hommage envers l’état de nos paysages environnants. Ces propositions esthétiques préconisent une activité ludique où l’artiste et la machine interviennent au service de la nature. 

Mon travail s’inscrit dans la tradition de la sculpture cinétique low-tech, tout en expérimentant avec les possibilités technologiques actuelles, sans toutefois en faire la pierre angulaire de mon propos technique et philosophique. Inspiré par la démarche du prototypage, ce parcours présente différentes méthodes d’interactions entre l’artiste et la machine. Certains de ces dispositifs agissent comme des automates incluant des composantes fixes (stationnaires) et d’autres explorent les notions de déplacement et de l’activité du collectionneur par la création de divers capteurs mobiles ou de prothèses ajoutées au corps de l’artiste en mouvement. 

Fabriquer des machines sensibles à l’environnement : La construction de cette série de sculptures électromécaniques est inspirée des appareils utilisés dans le domaine de la climatologie. Traditionnellement, ces systèmes comprennent un détecteur et/ou une sonde, un appareil de conditionnement de signal et un afficheur de données. Certains de ces systèmes peuvent comprendre un appareil de transmission de données et un microcontrôleur. Les capteurs et/ou sondes sont des composantes électroniques essentielles car ils interagissent avec la variable à mesurer en générant et transmettant des sorties de signaux proportionnels au phénomène climatique ou polluant détecté en temps réel. Mes sculptures respectent la base de cette méthode de conception, à l’exception près qu’elles remplacent l’afficheur de données par une machine à dessiner ou à émettre du son.

Ces échantillonnages valorisent les aspects éphémères et souvent invisibles des phénomènes météorologiques par la fabrication de traces tangibles ou audibles. Les dimensions esthétiques de ces interprétations visuelles et sonores ne correspondent en aucun sens à la collecte de données scientifiques, mais plutôt servent d’indicateurs ludiques et expressifs de nos paysages immatériels.